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(critique) LE PASSE

Par Wilyrah  //  2013, Made in France, Très bon  //  2 commentaires
ASGHAR FARHADI | DRAME | FRA | 130 MIN | 17 MAI 2013 | BERENICE BEJO, ALI MOSAFFA, TAHAR RAHIM

APRÈS QUATRE ANNÉES DE SÉPARATION, AHMAD ARRIVE À PARIS DEPUIS TÉHÉRAN, À LA DEMANDE DE MARIE, SON ÉPOUSE FRANÇAISE, POUR PROCÉDER AUX FORMALITÉS DE LEUR DIVORCE. LORS DE SON BREF SÉJOUR, AHMAD DÉCOUVRE LA RELATION CONFLICTUELLE QUE MARIE ENTRETIENT AVEC SA FILLE, LUCIE. LES EFFORTS D’AHMAD POUR TENTER D’AMÉLIORER CETTE RELATION LÈVERONT LE VOILE SUR UN SECRET DU PASSÉ. Récompensé d’un Oscar du meilleur film étranger un peu généreux pour le bon mais redondant Une séparation, l’iranien Asghar Farhadi est venu en France tourner son nouveau long-métrage dans lequel il réunit deux acteurs césarisés (Bérenice Bejo et Tahar Rahim) aux côtés de Ali Mosaffa, acteur iranien qui a perfectionné ses notions de français pour le rôle. L’histoire du film Le passé s’articule autour de trois personnages, un futur-ex-mari revenant d’Iran pour officialiser le divorce et un futur-mari ne parvenant pas complètement à tourner la page d’une épouse dans le coma après une tentative de suicide. Farhadi a souhaité exploré chez ses personnages leur rapport au passé. Dans le film, le scénario balance donc toujours entre la loyauté envers le passé et le besoin de se tourner vers l’avenir. Pour celui-ci, « on a beau essayer de se propulser vers l’avant, le poids des événements passés continue de peser sur nous« . C’est ce qu’il cherche à démontrer avec l’histoire de Marie, Ahmad et Samir, ainsi que leurs enfants gravitant autour et essayant de s’adapter par la force des choses à la nouvelle dynamique du présent et du futur. L’une d’elle n’y parvient pas et s’y refuse : il s’agit de Lucie, l’aînée de Marie. Construit comme un thriller psychologique, Le passé dévoile progressivement et très habilement ses mystères. Parfaitement écrit, ce drama familial bénéficie de l’interprétation remarquable des trois comédiens principaux, excellemment dirigés par le cinéaste iranien. Actuellement en sélection au Festival de Cannes, celui-ci fera figure de sérieux candidat à une future récompense, malgré un dernier quart d’heure maladroit malgré toutes les précautions de mise en scène de Farhadi. 

mai
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(critique) L’ECUME DES JOURS

Par Thom Left  //  2013, Made in France  //  5 commentaires
MICHEL GONDRY | COMEDIE DRAMATIQUE | FRA | 125 MIN | 24 AVR 2013 | ROMAIN DURIS, AUDREY TAUTOU

L’HISTOIRE SURRÉELLE ET POÉTIQUE D’UN JEUNE HOMME IDÉALISTE ET INVENTIF, COLIN, QUI RENCONTRE CHLOÉ, UNE JEUNE FEMME SEMBLANT ÊTRE L’INCARNATION D’UN BLUES DE DUKE ELLINGTON. LEUR MARIAGE IDYLLIQUE TOURNE À L’AMERTUME QUAND CHLOÉ TOMBE MALADE D’UN NÉNUPHAR QUI GRANDIT DANS SON POUMON. POUR PAYER SES SOINS, DANS UN PARIS FANTASMATIQUE, COLIN DOIT TRAVAILLER DANS DES CONDITIONS DE PLUS EN PLUS ABSURDES, PENDANT QU’AUTOUR D’EUX LEUR APPARTEMENT SE DÉGRADE ET QUE LEUR GROUPE D’AMIS, DONT LE TALENTUEUX NICOLAS, ET CHICK, FANATIQUE DU PHILOSOPHE JEAN-SOL PARTRE, SE DÉLITE. Me voilà embarqué dans cette salle obscure, prêt à voir en images ce roman de Boris Vian que je n’avais pas vraiment aimé – qui m’a jeté cette chaussure ? Sceptique, mais rapidement envoûté, je me laisse prendre au jeu et reste imprégné dans le film tout du long, sans jamais voir le temps passer. J’ose le dire, j’ai davantage apprécié le film que le livre – ça suffit les chaussures ! On sent la volonté de Michel Gondry de retranscrire l’atmosphère jazzy et absurde du livre, tout en y ajoutant sa propre vision et son excentricité. Comme toute adaptation, des changements ont été effectués et des scènes changées, mais tous ces bouleversements ne trahissent en rien l’histoire et offrent même un supplément de comique et d’absurde. Le choix de Gondry d’utiliser des effets mécaniques au lieu d’effets numériques se justifie parfaitement quand on voit le résultat avec cet univers fantasque, où le jazz est omniprésent. Les couleurs participent à l’ambiance, se métamorphosant au fur et à mesure que le récit avance, très coloré au départ pour finir dans le noir et blanc. Le choix le plus surprenant fut celui du casting. Moi qui ne porte pas Audrey Tautou et Gad Elmaleh dans mon cœur, je dois avouer que je les ai trouvé bons dans leur rôles. Le reste du casting (à commencer par l’excellent Romain Duris) a réussi à donner plus de profondeur aux personnages que dans le livre. Au final, cette adaptation du livre culte de Vian est une véritable réussite, même si elle risque de ne pas combler les amoureux de l’œuvre, ce qui ne sera pas le cas des fans de Gondry. - Critique proposée par Thom Left

avr
11

(critique) 11.6

Par Wilyrah  //  2013, Assez bon, Made in France  //  Pas de commentaire
PHILIPPE GODEAU | DRAMA | FRA | 102 MIN | 3 AVRIL 2013 | FRANCOIS CLUZET, BOULI LANNERS, CORINNE MASIERO

TONI MUSULIN EST CONVOYEUR DE FONDS DEPUIS DIX ANS. LE 5 NOVEMBRE 2009, À 10 HEURES DU MATIN, IL APPUIE DOUCEMENT SUR L’ACCÉLÉRATEUR DE SON FOURGON BLINDÉ. À L’ARRIÈRE DE SON VÉHICULE, 11.6 MILLIONS D’EUROS… Il n’aura fallu que quelques années au cinéma pour s’emparer de l’histoire rocambolesque du hold-up le plus pacifique du siècle, réalisé en 2009 par le convoyeur de fond rhodanien Toni Musulin. Pour incarner ce personnage qui a marqué l’actualité et reçu une certaine approbation populaire, le réalisateur a choisi le talentueux François Cluzet. Le choix peut paraître pertinent, l’acteur étant un comédien confirmé et reconnu. Cependant, il est difficile d’associer celui-ci au personnage ayant défrayé la chronique. Cette réserve mise de côté, le film 11.6 est plutôt réussi même s’il suit un parcours prudent et balisé dans son déroulement et sa mise en scène – dans la vaine des polars à la française. En fin de visionnage, quelques moments éloquents restent en mémoire mais le mystère entourant le personnage demeure, malgré une volonté manifeste d’explorer davantage les circonstances qui l’auront conduit à commettre ce vol orchestré et réussi prodigieusement.

avr
4

(critique) PERFECT MOTHERS

Par Wilyrah  //  2013, A éviter !, Made in France, Mauvais  //  8 commentaires
ANNE FONTAINE | ROMANCE, DRAMA | FRA-AUS | 111 MIN | 3 AVRIL 2013 | ROBIN WRIGHT, NAOMI WATTS

INSÉPARABLES DEPUIS LE PREMIER ÂGE, LIL ET ROZ VIVENT EN PARFAITE OSMOSE AVEC LEURS DEUX ENFANTS, DEUX JEUNES GARÇONS À LA GRÂCE SINGULIÈRE ET QUI SEMBLENT DES PROLONGEMENTS D’ELLES-MÊMES. LES MARIS SONT ABSENTS. INEXPLICABLEMENT, ET POURTANT COMME À L’ÉVIDENCE, CHAQUE FEMME SE RAPPROCHE DU FILS DE L’AUTRE, NOUANT AVEC LUI UNE RELATION PASSIONNELLE.
A L’ABRI DES REGARDS, DANS UN EDEN BALNÉAIRE PRESQUE SURNATUREL, LE QUATUOR VA VIVRE UNE HISTOIRE HORS NORME JUSQU’À CE QUE L’ÂGE VIENNE METTRE UN TERME AU DÉSORDRE. EN APPARENCE, DU MOINS… Adapté d’un roman de Doris Lessing, lui-même inspiré de faits réels, Perfect Mothers est un long-métrage racontant les liaisons croisées de deux amies avec le fils de chacune. Si le thème pouvait inspirer la gêne et faire naître le malaise, le film échoue piteusement en évitant soigneusement toute prise de risque. En effet, Anne Fontaine reste à la surface, évitant tous les obstacles sans audace. Peu courageuse, la réalisatrice française se repose sur le jeu de ses actrices de renom. Chaque moment-clé est à peine traité : quelques larmes, quelques regards dans le vide… et c’est tout. Comment faire naître la compassion et la réflexion chez le spectateur avec un traitement aussi lisse et (surtout) aussi stupide ? Certaines scènes paraissent sorties d’un mauvais soap-opera, avec une musique d’ascenseur érotisante plutôt ringarde en guise de bande sonore. On reprochera donc à la réalisatrice anglophile un manque de courage artistique assez criant, se réfugiant le plus souvent derrière des élipses là où il y avait matière à aller enfin creuser la psychologie et les tourments de ses personnages. Pour ne rien arranger, celle-ci a choisi deux jeunes éphèbes tous droits sortis du calendrier des Dieux du stade.

Au final, lorsque l’on regarde Perfect Mothers (d’ailleurs, pourquoi ne pas avoir conservé le titre original Two Mothers ?), on a l’impression de suivre un roman-photo désolant, digne d’une lecture de plage. Cela tombe bien, c’est justement sur la plage que les protagonistes passent la majeure partie de leur temps, dans les bons comme dans les mauvais moments. Car c’est bien connu, tout se règle avec une séance de bronzage, un peu de surf et un verre de vin blanc. Anne Fontaine positionne très souvent sa caméra au dessus des vagues, jusqu’à nous donner le mal de mer(e). Sans enjeux, son film reste lui aussi à la surface. Seule Robin Wright semble garder la tête hors de l’eau, peinant à conserver une certaine crédibilité dans ce bouillon fadasse qui tourne progressivement au ridicule – les rires des spectateurs dans la salle n’attestant pas d’un malaise mais bien d’un sentiment que ce qui leur est projeté ne tient absolument pas la route, la faute à des dialogues navrants et à une mise en scène sans âme. Perfect Mothers rencontrera t’il son public ? La question peut se poser. Toutefois, ce pays regorge d’housewives mal-aimées, de spectateurs cherchant à intellectualiser ce qui ne doit pas l’être pour se donner un genre et de personnes limitées cognitivement. Anne Fontaine pourra les remercier si grâce à eux celle-ci peut continuer à nous servir la même soupe en toute impunité.

mar
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(critique) 20 ANS D’ECART

DAVID MOREAU | COMEDIE, ROMANCE | FRA | 92 MIN | 6 MARS 2013 | VIRGINIE EFIRA, PIERRE NINEY

ALICE LANTINS A 38 ANS. ELLE EST BELLE, AMBITIEUSE ET FAIT PREUVE D’UNE IMPECCABLE CONSCIENCE PROFESSIONNELLE AU POINT D’EN OUBLIER SA VIE PRIVÉE. BREF, ELLE A TOUT POUR DEVENIR LA PROCHAINE RÉDACTRICE EN CHEF DU MAGAZINE « REBELLE », TOUT SAUF SON IMAGE DE FEMME COINCÉE. MAIS LORSQUE LE JEUNE ET CHARMANT BALTHAZAR, À PEINE 20 ANS, VA CROISER LE CHEMIN D’ALICE, LE REGARD DE SES COLLÈGUES VA INEXPLICABLEMENT CHANGER. RÉALISANT QU’ELLE DÉTIENT LA CLEF DE SA PROMOTION, ALICE VA FEINDRE LA COMÉDIE D’UNE IMPROBABLE IDYLLE. Découvert par hasard et en présence du réalisateur et de la comédienne principale, 20 ans d’écart est le type de film même que tu vas voir pour faire une sieste ou pour éviter l’hypothermie qui te guette dans la capitale. Le problème est que ce 20 ans d’écart ne remplit pas son contrat et ne te permet pas de t’endormir puisqu’il maintient dynamiquement ton intérêt pendant les 90 minutes qu’il dure. C’est tout de même pénible le cinéma ces temps ci ! Même les croutasses françaises ne sont plus ce qu’elles sont… Moi qui pensais pouvoir paresseusement somnoler devant ce métrage dans la lignée du navrant Comme des frères – également avec Pierre Niney – je n’en ai pas eu pour mon argent (enfin, pour mon ticket illimité). Car force est de constater que ce divertissement en est vraiment un. David Moreau réussit son coup en nous proposant l’histoire de cette journaliste qui devient cougar par accident et qui va entretenir la situation dans l’espoir de casser son image de femme carriériste trop rigide. Oui le pitch est plutôt simpliste et pas bien original – vous comprenez pourquoi je pensais pouvoir piquer du nez sans scrupules – mais la comédie tient la route grâce à deux comédiens impeccables, à un rythme régulier et à un humour sans prétention mais sans grossièreté (ou énormes bêtises/clichés) dont nous avons bien le secret en France… Virginie Efira est d’ailleurs la vraie surprise du film : charmante, pétillante et toujours juste, en plus d’être humble et drôle. Alors bien entendu, ce 20 ans d’écart n’est pas un grand film et ne cherche jamais à l’être. Il peut se percevoir comme un honorable Bridget Jones à la française et ne devra pas être attendu comme autre chose qu’un sympathique divertissement. Toutefois, il faudra bien dresser le bilan de ce mercredi matin et se poser une question dérangeante : Virginie Effira nous procurerait-elle désormais plus de plaisir cinématographique que Terrence Malick ? Inquiétant. 

mar
6

(critique) À LA MERVEILLE

TERRENCE MALICK | ROMANCE | USA | 112 MIN | 6 MARS 2013 | BEN AFFLECK, OLGA KURYLENKO

MÊME S’ILS SE SONT CONNUS SUR LE TARD, LA PASSION QU’ONT VÉCUE NEIL ET MARINA À LA MERVEILLE – LE MONT-SAINT-MICHEL – EFFACE LES ANNÉES PERDUES. NEIL EST CERTAIN D’AVOIR TROUVÉ LA FEMME DE SA VIE. BELLE, PLEINE D’HUMOUR, ORIGINAIRE D’UKRAINE, MARINA EST DIVORCÉE ET MÈRE D’UNE FILLETTE DE 10 ANS, TATIANA. 
DÉSORMAIS, LE COUPLE EST INSTALLÉ DANS L’OKLAHOMA. LEUR RELATION S’EST FRAGILISÉE : MARINA SE SENT PIÉGÉE. DANS CETTE PETITE COMMUNAUTÉ AMÉRICAINE, ELLE CHERCHE CONSEIL AUPRÈS D’UN AUTRE EXPATRIÉ, UN PRÊTRE CATHOLIQUE NOMMÉ QUINTANA. L’HOMME A SES PROPRES PROBLÈMES : IL DOUTE DE SA VOCATION…
MARINA DÉCIDE DE RETOURNER EN FRANCE AVEC SA FILLE. NEIL SE CONSOLE AVEC JANE, UNE ANCIENNE AMIE À LAQUELLE IL S’ATTACHE DE PLUS EN PLUS. LORSQU’IL APPREND QUE RIEN NE VA PLUS POUR MARINA, IL SE RETROUVE ÉCARTELÉ ENTRE LES DEUX FEMMES DE SA VIE. LE PÈRE QUINTANA CONTINUE À LUTTER POUR RETROUVER LA FOI. FACE À DEUX FORMES D’AMOUR BIEN DIFFÉRENTES, LES DEUX HOMMES SONT CONFRONTÉS AUX MÊMES QUESTIONS. The Tree of Life avait offert à Malick sa Palme d’Or mais avait vraiment divisé avec un film qui m’avait personnellement rendu quasi-schizophrène. Le réalisateur américain parvenait tantôt à nous émerveiller comme personne, tantôt à nous ennuyer et nous agacer comme jamais. Plutôt que de refaire le film, je vous renvoie à la critique de l’époque. Son dernier long-métrage, sorti ce mercredi en salles, souffre t’il des mêmes défauts en ayant ces qualités incroyables ? Non. Absolument pas. Il n’a finalement que les défauts insupportables de The Tree of Life, comme si Malick ne se foulait désormais plus en appliquant la même recette. Terrence n’a plus besoin de prouver qu’il est un merveilleux cinéaste. Désormais, celui-ci – complètement perdu dans son trip religieux – ne s’embarrasse même plus d’un scénario. Il n’a plus rien à dire. Il veut seulement montrer. Ah, certes, il filme bien et magnifie aussi bien la Capitale que le Mont Saint-Michel ou le Château de Versailles. Toutefois, on ressent dans son cinéma un foutage de gueule de plus en plus prégnant. Malick use et abuse des mêmes symboles : petit enfant qui court dans le jardin, adulte à la fenêtre le regard dans le vide, personnages mutiques tourmentés, longues tirades murmurées sur la Vie. Malick ne se mouille plus. Il filme (toujours aussi bien) ses personnages dans des champs de blé, les vitraux des églises, les rayons de soleil transperçant les arbres, les cheveux des belles femmes agités par le vent, les paysages naturels éblouissants… Oui mais est-ce suffisant ? Malick veut-il toujours faire du cinéma ou ne se contente t’il pas de nous offrir de belles images accompagnées de son charabia biblique sans queue ni tête. Parce que justement, parlons-en (de queue). Son film se mord la queue. À l’image du personnage d’Olga Kurylenko qui passe 110 minutes à tourbillonner, À la merveille tourne en rond. À l’image du personnage de Ben Affleck, À la merveille n’a rien à dire. Son film nous laisse une exaspérante impression de déjà-vu et de recyclage. Le cinéaste semble s’être perdu dans ses propres abîmes en n’offrant qu’un kaléidoscope dénué d’inspiration, d’intérêt et de grâce. Et finalement, que dire de To the wonder : film d’auteur ou film d’artiste ? La réponse se trouve entre les deux : À la merveille, film d’autiste. 

mar
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(critique) MÖBIUS

Par Wilyrah  //  2013, Made in France, Moyen  //  2 commentaires
ERIC ROCHAND | THRILLER, ESPIONNAGE | FRA | 103 MIN | 27 FEVRIER 2013 | JEAN DUJARDIN, CECILE DE FRANCE

GRÉGORY LIOUBOV, UN OFFICIER DES SERVICES SECRETS RUSSES EST ENVOYÉ À MONACO AFIN DE SURVEILLER LES AGISSEMENTS D’UN PUISSANT HOMME D’AFFAIRES. DANS LE CADRE DE CETTE MISSION, SON ÉQUIPE RECRUTE ALICE, UNE SURDOUÉE DE LA FINANCE. SOUPÇONNANT SA TRAHISON, GRÉGORY VA ROMPRE LA RÈGLE D’OR ET ENTRER EN CONTACT AVEC ALICE, SON AGENT INFILTRÉ. NAÎT ENTRE EUX UNE PASSION IMPOSSIBLE QUI VA INEXORABLEMENT PRÉCIPITER LEUR CHUTE. Avec son casting international relativement prestigieux et son trailer le vendant comme un thriller d’espionnage racé et complexe dans la lignée des scénarios nolanesques, Möbius veut se donner une allure et une grandeur qu’il n’a pas et n’atteint jamais. Faussement sophistiqué, le long-métrage de Eric Rochand transpire la production européenne qui se veut simili-hollywoodienne, s’offrant même la présence d’un acteur emblématique (Tim Roth) pour camper le bad-guy au coeur de l’intrigue. Malheureusement, les acteurs – Roth inclus – sont livrés à eux-mêmes dans des rôles bien peu subtils. Si Rochand réussit modérément le versant espionnage de son film, celui-ci semble beaucoup plus maladroit dans la romance. Les séquences d’intimité entre Alice et Gregory frôlent parfois le ridicule. Les deux comédiens, qui ne s’en sortent pas si mal sur l’ensemble du film, sont enfermés dans des séquences minimalistes et inconfortables. A plusieurs reprises, au lieu d’être envoûté par cette histoire d’amour fusionnel que Rochand essaie de lui vendre, le spectateur se prendrait presque à pouffer ou bailler devant les orgasmes de cette pauvre Cécile de France. Möbius serait-il au final un téléfilm version deluxe ? Tout porte à le croire. L’emballage est attrayant mais le produit à l’intérieur est décevant. 

fév
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(concours) GAGNEZ UN DVD DU FILM ASTÉRIX AU SERVICE DE SA MAJESTÉ

Par Wilyrah  //  2013, Concours, Made in France  //  2 commentaires

LAURENT TIRARD | FRANCE | 109 MIN | SORTIE DVD 20 FEVRIER | EDOUARD BAER, GERARD DEPARDIEU

50 avant Jésus Christ. César a soif de conquêtes. A la tête de ses glorieuses légions il décide d’envahir cette île située aux limites du monde connu, ce pays mystérieux appelé Brittania, la Bretagne. La victoire est rapide et totale. Enfin… presque. Un petit village breton parvient à lui résister, mais ses forces faiblissent. Cordelia, la reine des Bretons, décide donc d’envoyer son plus fidèle officier, Jolitorax, chercher de l’aide en Gaule, auprès d’un autre petit village, connu pour son opiniâtre résistance aux Romains… Dans le village gaulois en question, Astérix et Obélix sont déjà bien occupés. Le chef leur a en effet confié son neveu Goudurix, une jeune tête à claques fraîchement débarquée de Lutèce, dont ils sont censés faire un homme. Et c’est loin d’être gagné.

SORTIE DU FILM EN DVD ET BLURAY LE 20 FÉVRIER 2013

En ce mois de Février, Le Bleu du Miroir (en partenariat avec Wild Side Vidéo) pense à vous et vous offre une chance de remporter deux DVD à l’occasion de la sortie en DVD et BluRay du film ASTERIX & OBELIX AU SERVICE DE SA MAJESTE le 20 FÉVRIER 2013. Pour avoir une chance de remporter un DVD de ce film et participer au tirage au sort, envoyez par mail votre réponse à la question et vos coordonnées postales, ainsi que quelques mots sur votre volonté de gagner à ce concours. Les gagnants seront tirés au sort par les participants les plus convainquants ayant répondu correctement à la question posée. Pour augmenter vos chances, vous pouvez devenir fan de la page Facebook du site.  

Quel personnage interprète Vincent Lacoste ?

Attention, vous avez jusqu’au 28 Février à 23h59 pour participer : contact.lebleudumiroir@gmail.com.

Bravo à Marc S. (22) et Morgan A. (35) qui remporte un DVD du film !

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Précisez votre pseudo FB par la même occasion.

SORTIE DU FILM EN DVD/BR LE  20 FÉVRIER 2013

jan
15

(concours) GAGNEZ UN DVD DU FILM LES SAVEURS DU PALAIS

Par Wilyrah  //  2013, Concours, Made in France  //  5 commentaires

CHRISTIAN VINCENT | FRANCE | 93 MIN | SORTIE DVD 23 JANVIER | CATHERINE FROT, JEAN D’ORMESSON

Hortense Laborie est une cuisinière réputée qui vit dans le Périgord. A sa grande surprise, le Président de la République la nomme responsable de ses repas personnels au Palais de l’Élysée. Malgré les jalousies des chefs de la cuisine centrale, Hortense s’impose avec son caractère bien trempé. L’authenticité de sa cuisine séduira rapidement le Président, mais dans les coulisses du pouvoir, les obstacles sont nombreux…

SORTIE DU FILM EN DVD ET BLURAY LE 23 JANVIER 2013

En ce début d’année où il fait meilleur rester au chaud devant un bon film, Le Bleu du Miroir (en partenariat avec Wild Side Vidéo) pense à vous et vous offre une chance de remporter deux DVD à l’occasion de la sortie en DVD et BluRay du film LES SAVEURS DU PALAIS le 23 JANVIER 2013. Pour avoir une chance de remporter un DVD de ce film et participer au tirage au sort, envoyez par mail votre réponse à la question et vos coordonnées postales, ainsi que quelques mots sur votre volonté de gagner à ce concours. Les gagnants seront tirés au sort par les participants les plus convainquants ayant répondu correctement à la question posée. Pour augmenter vos chances, vous pouvez devenir fan de la page Facebook du site.  

Quelle actrice tient le rôle principal du film ?

Attention, vous avez jusqu’au 30 Janvier à 23h59 pour participer : contact.lebleudumiroir@gmail.com.

Bravo à Catherine Q. (44) et Thierry V. (78) qui remportent un DVD !

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SORTIE DU FILM EN DVD/BR LE  23 JANVIER 2013

jan
7

(critiques) DÉBUT 2013 : LE MONDE DE CHARLIE, LA STRATÉGIE DE LA POUSSETTE, MANIAC

Par Wilyrah  //  2013, Bon, Made in France, Made in the US, Moyen  //  3 commentaires
  LE MONDE DE CHARLIE ●●

Au lycée où il vient d’arriver, on trouve Charlie bizarre. Sa sensibilité et ses goûts sont en décalage avec ceux de ses camarades de classe. Pour son prof de Lettres, c’est sans doute un prodige, pour les autres, c’est juste un « loser ». En attendant, il reste en marge – jusqu’au jour où deux terminales, Patrick et la jolie Sam, le prennent sous leur aile. Grâce à eux, il va découvrir la musique, les fêtes, le sexe… pour Charlie, un nouveau monde s’offre à luiOn n’est jamais mieux servi que par soi-même. Voilà le crédo que semble avoir suivi Stephen Chbosky en portant lui-même à l’écran le roman qu’il avait écrit et publié en 1999. Le résultat est plutôt satisfaisant puisqu’il nous offre une comédie adolescente touchante, sincère et attachante malgré ses lieux communs. Le trio d’acteurs est la hauteur – on peut d’ailleurs le féliciter, Emma Watson et Ezra Miller étant d’ordinaire plutôt irritants – et le ton de ce récit initiatique reste toujours approprié : on ne tombe jamais dans l’humour lourdingue. Au final, Le monde de Charlie a les qualités et les défauts d’un teen-movie des années 90. Mélancolique et nostalgique, malin mais classique et un brin naïf, les quelques facilités sont aisément compensées par cette histoire qui touche inévitablement nos souvenirs et notre coeur. 

STEPHEN CHBOSKY | COMÉDIE, DRAME | USA | 103 MIN | 2 JAN. 2013 | LOGAN LERMAN, EMMA WATSON, EZRA MILLER

 

 

 

  LA STRATÉGIE DE LA… ●

Thomas a laissé partir Marie, à force de ne pas s’engager. Un an plus tard, toujours inconsolable, il se retrouve avec un bébé sur les bras. Il va se servir de cet enfant pour reconquérir la femme de sa vie… Après un début entraînant et fantaisiste, La stratégie de la poussette retombe assez rapidement, suivant les rails prévisibles de la comédie à la française. Heureusement, l’humour reste bon enfant et au dessus de la ceinture. On saluera les débuts convenables à l’écran de Camelia Jordana et de Charlotte Miss Meteo Lebon. Une romcom qui se laisse regarder malgré quelques gags réchauffés. Rien de bien enthousiasmant mais pas la catastrophe annoncée et redoutée. A la rigueur… 

CLEMENT MICHEL | COMEDIE, ROMANCE | FRA | 90 MIN | 2 JAN. 2013 | RAPHAËL PERSONNAZ, CHARLOTTE LE BON

 

 

 

  MANIAC ●●

Dans les rues qu’on croyait tranquilles, un tueur en série en quête de scalps se remet en chasse. Frank est le timide propriétaire d’une boutique de mannequins. Sa vie prend un nouveau tournant quand Anna, une jeune artiste, vient lui demander de l’aide pour sa nouvelle exposition. Alors que leurs liens se font plus forts, Frank commence à développer une véritable obsession pour la jeune fille. Au point de donner libre cours à une pulsion trop longtemps réfrénée – celle qui le pousse à traquer pour tuer. Remake du classique film d’horreur des années 80 (jadis réalisé par William Lustig), Maniac est cette fois repris par l’équipe d’Alexandre Aja et Thomas Langmann. Aux manettes, c’est Franck Khalfoun. Devant (et derrière la caméra grâce au procédé de caméra subjective), on retrouve le talentueux Elijah Wood qui nous avait déjà bien fichu les jetons dans Sin City. Son personnage inspire autant la pitié que le dégoût et la peur. Un choix payant ! Maniac s’avère être un remake intéressant, revisitant le personnage, et un exercice de style réussi pour un film de genre qui plaira forcément aux amateurs. Mention spéciale à la vibrante bande sonore de ROB du groupe Phoenix. 

FRANCK KHALFOUN | HORREUR | USA | 89 MIN | 2 JAN. 2013 | ELIJAH WOOD, NORA ARNEZEDER

      

déc
19

[critique] MAIN DANS LA MAIN

Par Wilyrah  //  2012, Assez bon, Made in France  //  4 commentaires

VALÉRIE DONZELLI | FRANCE | 101 MIN |19 DÉCEMBRE 2012 | JÉRÉMIE ELKAIM, VALÉRIE LEMERCIER, VALÉRIE DONZELLI

Quand Hélène Marchal et Joachim Fox se rencontrent, ils ont chacun des vies bien différentes. Hélène dirige la prestigieuse école de danse de l’Opéra Garnier, Joachim, lui, est employé d’un miroitier de province. Mais une force étrange les unit. Au point que, sans qu’ils puissent comprendre ni comment, ni pourquoi, ils ne peuvent plus se séparer.

Après le formidable La guerre est déclarée qui racontait avec force et vitalité leur histoire personnelle, le tandem Elkaim-Donzelli se retrouve à nouveau devant et derrière la caméra pour Main dans la main. Mais cette fois, le duo est devenu trio. Une autre Valérie a rejoint les deux complices. Elle interprète le rôle d’une directrice de l’école de danse de l’Opéra Garnier qui va être mystérieusement liée à Joachim, un miroitier de province.

Main dans la main est un peu un conte des temps modernes, une bluette presque racontée avec des yeux d’enfants. Certains y verront un film artificiel et redondant. D’autres, comme moi, y trouveront du charme grâce à sa légèreté et son humour, Valérie Donzelli aime les « boiteux sentimentaux » dixit Jérémie Elkaim. Main dans la main raconte ainsi l’histoire de deux d’entre eux, frappé par un charme inexplicable. Une fantaisie bienvenue à l’approche des fêtes de fin d’année. 

 MAIN DANS LA MAIN ●●
déc
15

[critiques] LES BÊTES DU SUD SAUVAGE, ANNA KARENINE, MAIS QUI A RE-TUE PAMELA ROSE ?

BENH ZEITLIN | USA | 92 MIN | 12 DÉCEMBRE 2012 | QUVENZHANE WALLIS, DWIGHT HENRY

Hushpuppy, 6 ans, vit dans le bayou avec son père. Brusquement, la nature s’emballe, la température monte, les glaciers fondent, libérant une armée d’aurochs. Avec la montée des eaux, l’irruption des aurochs et la santé de son père qui décline, Hushpuppy décide de partir à la recherche de sa mère disparue.

Reparti de Cannes avec la Caméra d’Or et de Deauville avec le grand prix, Les bêtes du sud sauvage semble faire partout l’unanimité. Il faut dire que le premier film de Benh Zeitlin a de nombreuses qualités et respirent la vie et le cinéma. Toutefois, j’avoue que mon engouement n’a pas été aussi fort que je ne l’imaginais. La caméra à l’épaule donne parfois le tournis, bien qu’elle permette aussi d’être au coeur du film et de suivre cette histoire du point de vue de notre jeune héroïne Husspuppy. Puisque l’on parle de la jeune fille, saluons l’incroyable prestation de la jeune Quvenzhané Wallis, éblouissante du haut de ses neuf ans – à l’époque du tournage. Depuis, elle a bien grandi et devrait probablement bénéficié d’une nomination aux prochains Oscars. De quoi saluer un début de carrière très prometteur. Que dire du jeune cinéaste qui a conquis de nombreuses critiques à travers le monde et est reparti avec multiples récompenses des festivals où il a concouru ? Car son premier long-métrage a les qualités et la force de la jeunesse. Les bêtes du sud sauvage est viscéral, fort, poétique. Il est par contre parfois un peu surchargé. Il manque donc un peu d’enchantement à cette fable terrestre et aquatique porté par un petit bout de fille qui crève l’écran. 

 LES BÊTES DU SUD SAUVAGE ●●

JOE WRIGHT | UK | 131 MIN | 5 DECEMBRE 2012 | KEIRA KNIGHTLEY, JUDE LAW, ALICIA VIKANDER

Russie, 1874, la belle et ardente Anna Karénine jouit de tout ce à quoi ses contemporains aspirent : mariée à Karénine, un haut fonctionnaire du gouvernement à qui elle a donné un fils, elle a atteint un éminent statut social à Saint-Pétersbourg. À la réception d’une lettre de son incorrigible séducteur de frère Oblonski, la suppliant de venir l’aider à sauver son mariage avec Dolly, elle se rend à Moscou. Au cours de son voyage, elle rencontre la comtesse Vronski que son fils, un charmant officier de la cavalerie, vient accueillir à la gare. 

Joe Wright nous avait ébloui avec ses précédents longs-métrages (Reviens-moi, Orgueil et préjugés) très soignés. Il mélangeait avec un certain savoir-faire classicisme et modernité. Son dernier métrage, beaucoup plus ambitieux, n’est pas à la hauteur la faute à une prétention qui suinte de chaque plan et à une Keira Knightley plus laide et plus insupportable que jamais – alors qu’on pensait qu’on avait atteint l’apogée avec Jusqu’à ce que la fin du monde nous sépare.

Pénible. Voilà le terme qui résume le mieux le sentiment que l’on ressent lors du visionnage. Personnage principal détestable, actrice terriblement irritante, mise en scène affreusement maniérée et pompeuse, avec ses moments chorégraphiés ridicules, musique grandiloquantes, plans certes superbes mais tellement artificiels, rien ne fonctionne dans cette adaptation de Tolstoi qui ressemble tant à un grossier pêché d’orgueil. Seule Alicia Vikander, déjà sublime dans Royal Affair, s’en sort avec les honneurs – elle est le petit rayon de soleil du film. Joe Wright s’est pris pour Baz Luhrmann… mais surtout Joe Wright s’est pris… les pieds dans le tapis. 

 ANNA KARENINE ○

KAD & OLIVIER | FRANCE | 90 MIN | 5 DÉCEMBRE 2012 | OLIVIER BAROUX, KAD MERAD, OMAR SY

Quand il reçoit un appel du shérif de Bornsville lui annonçant que le cercueil de Pamela Rose a été volé, l’agent Douglas Riper voit là une occasion de renouer les liens avec son ancien coéquipier Richard Bullit. Un ex-ami avec lequel il est brouillé, depuis des années, suite à une fâcheuse Cette suite prétexte à une heure trente d’humour absurde est signé Kad et Olivier. Le premier a, depuis son très beau rôle dans Je vais bien ne t’en fais pas, accumulé les rôles dans les daubes françaises en toute impunité. Le second, plus discret, s’est baladé à gauche et à droite. Le tandem se reforme pour redonner vie aux agents Riper et Bullit. Le scénario ne tient sur absolument rien mais quelques gags font mouche. L’humour de répétition, les clins d’oeil et les nombreux jeux de mots, voilà l’atout de cette comédie pas inoubliable mais déjà plus acceptable que le terrible Les seigneurs d’Olivier Dahan. 

 MAIS QUI A RE-TUE P. ROSE ? ●

Le bleu du miroir

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