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(critique) STOKER

PARK CHAN WOOK | FANTASTIQUE, THRILLER | USA | 100 MIN | 1ER MAI 2013 | MIA WASIKOWSKA, NICOLE KIDMAN

APRÈS LA MORT DE SON PÈRE DANS UN ÉTRANGE ACCIDENT DE VOITURE, INDIA, UNE ADOLESCENTE, VOIT UN ONCLE DONT ELLE IGNORAIT L’EXISTENCE, VENIR S’INSTALLER AVEC ELLE ET SA MÈRE. RAPIDEMENT, LA JEUNE FILLE SE MET À SOUPÇONNER L’HOMME D’AVOIR D’AUTRES MOTIVATIONS QUE CELLE DE LES AIDER. LA MÉFIANCE S’INSTALLE, MAIS L’ATTIRANCE AUSSI… Pour son premier métrage sur le sol américain, le talentueux cinéaste sud-coréen Park Chan Wook (Old Boy, Lady Vengeance) porte à l’écran un scénario de Wentworth Miller (oui on parle bien de l’acteur de Prison Break) qui attendait dans les cartons depuis 2010. Force est de constater que l’attente a été récompensée et que la collaboration a été un succès lorsque l’on découvre Stoker, projeté hier en exclusivité pour quelques privilégiés. En effet, dès les premières minutes, on constate que la patte du cinéaste est sublimée par une direction artistique remarquable. Tout est éclatant, soigné et travaillé : photographie somptueuse, mise en scène experte, cadrages exquis nous offrant d’innombrables plans dignes de grands tableaux, générique savamment élaboré d’une fluidité incroyable. Il ne faut que quelques secondes au spectateur pour comprendre qu’il va assister à cent minutes de plaisir cinématographique, un plaisir déviant empreint des douces folies d’un réalisateur qu’on ne présente plus – enfin, un réalisateur qu’on ne devrait plus avoir à présenter.

A l’écran, Mia Wasikowska est excellente. Sa présence captive, fascine et inquiète. Difficile de ne pas voir en elle une Mercredi Adams pré-adulte et farouche, à la sexualité naissante. Son personnage (India) est délicieusement ambigu et complexe. Celle-ci vit quelque peu déconnectée du monde, repliée dans ses pensées et ses fantasmes. Lorsque son oncle débarque après le décès brutal de son père, c’est un mélange de méfiance et d’attraction qui vont la pousser à essayer de percer le mystère de cet homme séduisant et intrigant, campé impeccablement par Matthew Goode (découvert dans le sublime A Single Man ou le savoureux Match Point). Pour former le dernier élément d’un trio malsain, le réalisateur a choisi la décrêpie Nicole Kidman, devenue désormais une parodie d’actrice avec son visage en décomposition, ses lèvres retouchées et sa superbe chevelure rousse – qui sied en revanche parfaitement à l’univers très coloré de Stoker. Il est difficile de parler de Stoker sans trop en dévoiler sur l’intrigue et, pour ne rien gâcher aux amateurs de Park Chan Wook, je ne peux que vous inviter à embarquer pour un voyage étrange, où Hitchcock viendrait s’insinuer dans les obsessions déviantes du cinéma sud-coréen. Un film plaisant, un long-métrage travaillé, une oeuvre fétichiste et esthétique, bourrée d’influences revendiquées, un conte de fées maléfique avec une marâtre dépressive et égoïste, un oncle trop gentil pour être honnête et une jeune et belle princesse en détresse qui cache bien son jeu. Rendez-vous en salles début Mai… 


 Clip promotionnel de Stoker – song by Emily Wells 

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17

(critique) MYSTERY

LOU YE | THRILLER | CHINE | 98 MIN | 20 MARS 2013 | HAO LEI, QIN HAO, QI XI

LU JIE EST LOIN D’IMAGINER QUE SON MARI YONGZHAO MÈNE UNE DOUBLE VIE, JUSQU’AU JOUR OU ELLE LE VOIT ENTRER DANS UN HÔTEL AVEC UNE JEUNE FEMME.
LA VIE DE LU JIE S’EFFONDRE ALORS, ET CE N’EST QUE LE DÉBUT…
LA JEUNE FEMME MEURT RENVERSÉE PAR UNE VOITURE PEU DE TEMPS APRÈS. LE POLICIER EN CHARGE DE L’AFFAIRE REFUSE DE CROIRE À UN ACCIDENT… L’amour qui brûle, l’amour qui blesse, la distance, l’infidélité. Des thèmes récurrents chez Lou Ye, comme on avait déjà pu le remarquer dans Nuits d’ivresse printanière, Love and Bruises ou l’excellent Une jeunesse chinoise. Dans Mystery, co-financé en France, mais à nouveau réalisé sur le territoire chinois après cinq interdiction de tourner dans son pays, on retrouve les enjeux habituels du cinéaste, concentré autour d’un accident de la route mystérieux qui sera le fruit de plusieurs évènements que le spectateur découvre progressivement. Vous l’aurez compris, Mystery repose sans surprise sur un mystère et sur un scénario qui dévoile petit à petit celui-ci. Lou Ye filme son histoire comme il le fait souvent, proche des comédiens, à fleur de peau et de sentiments. A nouveau au coeur d’un triangle amoureux déchirant, ses personnages écorchés, jaloux et manipulateurs, lèvent progressivement le voile sur leurs actes et leurs mensonges sous une pluie intense non expiatoire. Cependant, ce polar amoureux peine à convaincre totalement. Manquant de rythme et de limpidité, le long-métrage perd parfois le spectateur en route, pour heureusement le récupérer in-extremis au moment où les mystères se dévoilent enfin.

mar
15

(critique) THE PLACE BEYOND THE PINES

DEREK CIANFRANCE | DRAMA | USA | 140 MIN | 20 MARS 2013 | RYAN GOSLING, BRADLEY COOPER, EVA MENDES

CASCADEUR À MOTO, LUKE EST RÉPUTÉ POUR SON SPECTACULAIRE NUMÉRO DU «GLOBE DE LA MORT». QUAND SON SPECTACLE ITINÉRANT REVIENT À SCHENECTADY, DANS L’ÉTAT DE NEW YORK, IL DÉCOUVRE QUE ROMINA, AVEC QUI IL AVAIT EU UNE AVENTURE, VIENT DE DONNER NAISSANCE À SON FILS… POUR SUBVENIR AUX BESOINS DE CEUX QUI SONT DÉSORMAIS SA FAMILLE, LUKE QUITTE LE SPECTACLE ET COMMET UNE SÉRIE DE BRAQUAGES. CHAQUE FOIS, SES TALENTS DE PILOTE HORS PAIR LUI PERMETTENT DE S’ÉCHAPPER. MAIS LUKE VA BIENTÔT CROISER LA ROUTE D’UN POLICIER AMBITIEUX, AVERY CROSS, DÉCIDÉ À S’ÉLEVER RAPIDEMENT DANS SA HIÉRARCHIE GANGRENÉE PAR LA CORRUPTION. QUINZE ANS PLUS TARD, LE FILS DE LUKE ET CELUI D’AVERY SE RETROUVENT FACE À FACE, HANTÉS PAR UN PASSÉ MYSTÉRIEUX DONT ILS SONT LOIN DE TOUT SAVOIR… Son premier film, Blue Valentine, était sorti de façon plutôt anonyme dans l’hexagone alors qu’il avait rencontré un certain succès public et critique aux Etats-Unis. Bien qu’inégal et inaboutti, le long métrage bénéficiait de très belles qualités et d’une portée dramatique vraiment intéressante. Ce drama romantique a vu naître une complicité cinématographique entre le cinéaste Derek Cianfrance et son acteur, Ryan Gosling. Ce mercredi sort la seconde collaboration des deux hommes. Souffre t’elle des mêmes symptômes que la première réalisation de Cianfrance ? La réponse à cette question est plutôt positive. En effet, si l’on retrouve à nouveau de très belles qualités (réalisation, mise en scène et direction artistique soignées), on regrette aussi certains défauts évidents qui empêchent l’adhésion totale. 

The place beyond the pines est maladroitement coupé en deux, voire en trois, de façon bien trop évidente et gênante. Le problème ne semble pas venir du procédé (qui se défend) mais du manque d’ampleur des second et troisième segments. Si la première heure est vraiment prenante, axée sur le personnage d’un Ryan Gosling à la présence de nouveau magnétique et charismatique, la seconde heure est beaucoup plus poussive car manquant singulièrement de relief. Est-ce la faute du scénariste, du réalisateur ou de l’acteur campant le personnage du flic ? Les trois, à priori. Certes l’interprétation de Bradley Cooper n’aide pas à épaissir un personnage plutôt fade. Ceci dit, son arc scénaristique parait bien moins travaillé et étoffé que ceux qui le précèdent. Ainsi l’intrigue autour du policier puis de son fils peine à susciter l’intérêt ou la surprise. Les deux jeunes acteurs (campant les deux adolescents) sont d’ailleurs peu convaincants, au contraire d’Eva Mendes, qui se révèle être la bonne surprise du film. Outre le sentiment de déception que laisse The Place Beyond the Pines, retenons toutefois de belles qualités qui peuvent motiver le déplacement et le visionnage, notamment une première heure très réussie portée par un Ryan Gosling charismatique et une Eva Mendes très juste et touchante.

mar
8

(critique) EFFETS SECONDAIRES

Par Wilyrah  //  2013, Avant-première, Bon, Made in the US  //  11 commentaires

STEVEN SODERBERGH | DRAMA, SUSPENS | USA | 106 MIN | 3 AVRIL 2013 | ROONEY MARA, JUDE LAW

LE DOCTEUR JON BANKS EST UN JEUNE PSYCHIATRE AMBITIEUX EN QUÊTE D’UNE OPPORTUNITÉ POUR SE METTRE EN SELLE. QUAND EMILY, UNE NOUVELLE PATIENTE, RÉCLAME SES SERVICES APRÈS UNE APPARENTE TENTATIVE DE SUICIDE, IL LUI PRESCRIT TOUTE LA LISTE DES BONS VIEUX RÉGULATEURS D’HUMEUR. En 2012, Steven Soderbergh avait sorti deux films dans la foulée qui n’étaient pas du niveau du précédent, le très bon et efficace Contagion sorti en 2011. En ce printemps 2013, il nous propose son dernier film en salles (et avant dernier métrage) avec Effets secondaires, pour lequel il retrouve Jude Law qui campait déjà un personnage essentiel de Contagion. Il retrouve également Channing Tatum (déjà présent dans ses deux précédents, Piégée et Magic Mike) même si celui-ci reste moins longtemps à l’écran, ainsi que la comédienne Catherine Zeta-Jones, après un Traffic qui lui avait valu l’Oscar du meilleur réalisateur. La petite nouvelle à collaborer est Rooney Mara, qui avait littéralement crevé l’écran dans le génial Millenium de David Fincher. Celle-ci sera au coeur de l’intrigue de ce Side Effects qui a pour but, selon Soderbergh, de nous offrir un autre regard sur l’usage des médicaments et sur les rouages de l’industrie pharmaceutique.

Sans rien vous révéler, Effets secondaires est plutôt un thriller efficace malgré son intrigue à tiroirs qui nous rappelle certaines productions plus ou moins récentes. Le scénario de Scott Z. Burns maintient l’intérêt du spectateur en dépit de quelques gros rouages prévisibles, mais c’est surtout la patte de Soderbergh (réalisateur-monteur-directeur de la photographie) qui va faire de ce film un moment de plaisir cinématographique et un divertissement efficace. S’appuyant, comme pour Contagion, sur un montage et une bande-son dynamique (cette fois-ci, c’est le tout aussi talentueux Thomas Newman qui supplante Cliff Martinez) et une mise en scène sophistiquée, Effets Secondaires bénéficie également de la prestation impeccable de ses deux comédiens principaux : Jude Law et Rooney Mara, qui jouent au chat et à la souris pour notre plus grand plaisir. Sexe, mensonges et médocs. 

 Steven Soderbergh et Jude Law, aux Halles, pour présenter Side Effects

mar
7

(critique) 20 ANS D’ECART

DAVID MOREAU | COMEDIE, ROMANCE | FRA | 92 MIN | 6 MARS 2013 | VIRGINIE EFIRA, PIERRE NINEY

ALICE LANTINS A 38 ANS. ELLE EST BELLE, AMBITIEUSE ET FAIT PREUVE D’UNE IMPECCABLE CONSCIENCE PROFESSIONNELLE AU POINT D’EN OUBLIER SA VIE PRIVÉE. BREF, ELLE A TOUT POUR DEVENIR LA PROCHAINE RÉDACTRICE EN CHEF DU MAGAZINE « REBELLE », TOUT SAUF SON IMAGE DE FEMME COINCÉE. MAIS LORSQUE LE JEUNE ET CHARMANT BALTHAZAR, À PEINE 20 ANS, VA CROISER LE CHEMIN D’ALICE, LE REGARD DE SES COLLÈGUES VA INEXPLICABLEMENT CHANGER. RÉALISANT QU’ELLE DÉTIENT LA CLEF DE SA PROMOTION, ALICE VA FEINDRE LA COMÉDIE D’UNE IMPROBABLE IDYLLE. Découvert par hasard et en présence du réalisateur et de la comédienne principale, 20 ans d’écart est le type de film même que tu vas voir pour faire une sieste ou pour éviter l’hypothermie qui te guette dans la capitale. Le problème est que ce 20 ans d’écart ne remplit pas son contrat et ne te permet pas de t’endormir puisqu’il maintient dynamiquement ton intérêt pendant les 90 minutes qu’il dure. C’est tout de même pénible le cinéma ces temps ci ! Même les croutasses françaises ne sont plus ce qu’elles sont… Moi qui pensais pouvoir paresseusement somnoler devant ce métrage dans la lignée du navrant Comme des frères – également avec Pierre Niney – je n’en ai pas eu pour mon argent (enfin, pour mon ticket illimité). Car force est de constater que ce divertissement en est vraiment un. David Moreau réussit son coup en nous proposant l’histoire de cette journaliste qui devient cougar par accident et qui va entretenir la situation dans l’espoir de casser son image de femme carriériste trop rigide. Oui le pitch est plutôt simpliste et pas bien original – vous comprenez pourquoi je pensais pouvoir piquer du nez sans scrupules – mais la comédie tient la route grâce à deux comédiens impeccables, à un rythme régulier et à un humour sans prétention mais sans grossièreté (ou énormes bêtises/clichés) dont nous avons bien le secret en France… Virginie Efira est d’ailleurs la vraie surprise du film : charmante, pétillante et toujours juste, en plus d’être humble et drôle. Alors bien entendu, ce 20 ans d’écart n’est pas un grand film et ne cherche jamais à l’être. Il peut se percevoir comme un honorable Bridget Jones à la française et ne devra pas être attendu comme autre chose qu’un sympathique divertissement. Toutefois, il faudra bien dresser le bilan de ce mercredi matin et se poser une question dérangeante : Virginie Effira nous procurerait-elle désormais plus de plaisir cinématographique que Terrence Malick ? Inquiétant. 

fév
19

(critique) SPRING BREAKERS

HARMONY KORINE | DRAMA | USA | 92 MIN | 6 MARS 2013 | JAMES FRANCO, SELENA GOMEZ, VANESSA HUDGENS

POUR FINANCER LEUR SPRING BREAK, QUATRE FILLES AUSSI FAUCHÉES QUE SEXY DÉCIDENT DE BRAQUER UN FAST-FOOD. ET CE N’EST QUE LE DÉBUT… LORS D’UNE FÊTE DANS UNE CHAMBRE DE MOTEL, LA SOIRÉE DÉRAPE ET LES FILLES SONT EMBARQUÉES PAR LA POLICE. EN BIKINI ET AVEC UNE GUEULE DE BOIS D’ENFER, ELLES SE RETROUVENT DEVANT LE JUGE, MAIS CONTRE TOUTE ATTENTE LEUR CAUTION EST PAYÉE PAR ALIEN, UN MALFRAT LOCAL QUI LES PREND SOUS SON AILE… En 2011, Drive avait déconcerté de nombreux spectateurs venus voir un énième produit dérivé de la navrante franchise Fast and Furious. Ayant créé le buzz (plus que légitimement), le film a tout de même trouvé son public et a été adoubé tant par la presse que par les spectateurs – pas ceux qui étaient venus voir un film d’action bourrin, bien évidemment. Il se pourrait bien que Spring Breakers ait le même destin. On lui souhaite, en tout cas, le même succès en France, où il était présenté hier soir en exclusivité mondiale.

Harmony Korine (auteur de Kids et Ken Park, dirigés par son comparse Larry Clark) était hier dans la capitale pour présenter au public français son dernier long-métrage avec un casting des plus surprenants. En effet, celui-ci a débauché deux jeunes actrices toutes deux sorties des productions Disney. De nombreuses fans (qui a dit groupies hystériques ?) s’étaient rendues en masse au Grand Rex pour apercevoir ses idoles qui tapissent les murs de leur chambre à coucher. Je n’ai heureusement pas eu à supporter un tel capharnaüm puisqu’un cinéma des Halles proposait lui aussi une projection mais avec la seule présence – plus que suffisante – du réalisateur. Celui-ci, connu pour ses excentricités, n’a pas dérogé à sa réputation et nous a promis une projection digne d’un grand trip sous acides. Je n’avais consommé aucun produit illicite hier et j’ai pourtant été complètement embarqué dans ce qui s’annonce comme l’un des chocs de l’année cinématographique.

Spring Breakers vous plonge dans la vacuité et la débauche. Spring Breakers vous emporte dans un tourbillon sensoriel. Spring Breakers est le délire d’un cinéaste terriblement doué qui n’a jamais froid aux yeux. Harmony Korine n’a pas peur du ridicule lorsqu’il choisit de réunir à l’écran deux teen-starlettes que sont Selena Gomez et Vanessa Hudgens pour les balancer en pleine Floride décadente. Il n’a pas non plus peur du ridicule lorsqu’il transforme James Franco en gangsta sentimental qui ouvre son cœur sur un morceau de pop ringarde – séquence tout simplement géniale. Korine ne s’embarrasse pas non plus lorsqu’il s’agit d’ôter les vêtements de son épouse, qui se prendra d’ailleurs une balle quelques minutes plus tard. Korine c’est un peu Gregg Araki et Larry Clark réunis, il ne recule devant rien.

Il transforme un scénario très minimaliste en pur plaisir cinématographique. Comme pour Drive, le spectateur embarquera (ou non) pour 90 minutes d’une expérience visuelle, sonore et musicale (la pop cheesy, bien employée, ça passe niquel), ressortira hyper enthousiasmé ou plutôt sceptique et se souviendra assurément plusieurs semaines après de ce visionnage haut en couleurs. Enfin, comme pour le long-métrage de Nicolas Winding Refn qui bénéficiait également de la partition sonore de Cliff Martinez, il est quasi-certain que Spring Breakers figurera sur le podium de l’année 2013.  

fév
11

(critique) 40 ANS, MODE D’EMPLOI

JUDE APATOW | COMEDIE | USA  | 134 MIN | 13 MARS 2013 | PAUL RUDD, LESLIE MANN, JOHN LITHGOW

Seul homme à la maison, Pete est marié depuis des années à Debbie avec qui il a eu deux filles, Charlotte et Sadie, âgées de 8 et 13 ans. Pete aura bientôt 40 ans et le bilan est rude : Unfiltered Records, la maison de disques indépendante qu’il a créée, bat de l’aile, son père Larry, qui a récemment, et artificiellement, engendré des triplés, compte éhontément sur son soutien financier pour nourrir cette nouvelle famille, et à la maison, la vie n’est pas non plus un long fleuve tranquille. Le quotidien avec Debbie et les filles est une série de conflits et de complications sans fin. Quant à Debbie, elle a ses propres difficultés professionnelles et filiales. Elle essaie opiniâtrement d’être une épouse et une mère parfaite, mais elle a un mal fou à négocier le virage de la quarantaine. Et pour couronner le tout, leur aînée est en pleine crise de puberté. Pete et Debbie ont atteint l’âge où le pardon, à eux et aux autres, et le lâcher-prise sont des conditions sine qua non pour parvenir à profiter du reste de leur vie… en évitant d’en passer par le meurtre. Scénariste potache ultra-hype outre-atlantique, Judd Apatow s’est distingué ses dernières années lui permettant aux yeux de certains de devenir la référence humoristique américaine des années 2000. Certes, 40 ans toujours puceau ou Funny People se laissaient agréablement regarder, tout comme la première saison de Girls, qu’il produit sur HBO. Toutefois, rien de bien transcendant et d’inoubliable dans sa courte filmographie. Avec ce sequel de En cloque, mode d’emploi, il s’intéresse à la vie de couple des quarantenaires. Rien de bien original pour une comédie qui, comme ses précédents films, se laisse paresseusement suivre. Quelques rires jalonnent le visionnage où le culot et la régression restent la patte de son auteur. Les acteurs font bien le travail malgré un scénario un brin faiblard. Paul Rudd assure toujours le minimum syndical tandis que la famille Apatow au quasi-complet (le Judd a placé à l’écran sa femme et ses deux filles) forme le reste de cette famille un brin hystérique. Que garder donc de This is 40 ? Quelques clins d’oeil amusants aux oeuvres phares de ces dernières années, quelques piques bien senties et des seconds rôles sympathiques (Chris O’Dowd vs. Jason Segel, Charline Yi vs. Megan Fox, John Lithgow vs. Albert Brooks…). Le film sortira sur les écrans français début mars et si vous savez à quoi vous attendre, vous devriez passer un moment plutôt sympathique bien que non-mémorable. 

nov
26

[critique] POPULAIRE

Par Wilyrah  //  2012, Avant-première, Bon, Made in France  //  10 commentaires

REGIS ROINSARD | FRANCE | 111 MIN | 21 NOVEMBRE 2012 | DÉBORAH FRANÇOIS, ROMAIN DURIS, BERENICE BEJO

Printemps 1958. Rose Pamphyle, 21 ans, vit avec son père, veuf bourru qui tient le bazar d’un petit village normand. Elle doit épouser le fils du garagiste et est promise au destin d’une femme au foyer docile et appliquée. Mais Rose ne veut pas de cette vie. Elle part pour Lisieux où Louis Echard, 36 ans, patron charismatique d’un cabinet d’assurance, cherche une secrétaire. L’entretien d’embauche est un fiasco. Mais Rose a un don : elle tape à la machine à écrire à une vitesse vertigineuse. La jeune femme réveille malgré elle le sportif ambitieux qui sommeille en Louis… Si elle veut le poste, elle devra participer à des concours de vitesse dactylographique. Qu’importent les sacrifices qu’elle devra faire pour arriver au sommet, il s’improvise entraîneur et décrète qu’il fera d’elle la fille la plus rapide du pays, voire du monde ! Et l’amour du sport ne fait pas forcément bon ménage avec l’amour tout court… 

Premier film de Régis Roinsard, Populaire a de grandes chances de le devenir rapidement. Doté d’un casting trois étoiles (Duris, François, Bejo) réunissant trois valeurs sûres du cinéma tricolore, cette comédie rétro-chic très enlevée et énergique devrait séduire le public de l’hexagone.

Ce succès – s’il est au rendez-vous – sera relativement mérité. Tout n’est pourtant pas parfait. On regrettera notamment un dernier segment moins enthousiasmant que le reste du métrage – car plus convenu. On tiquera également à quelques reprises devant le jeu maniéré de Romain Duris, pas toujours à son aise dans ce rôle de dandy introverti et cynique. En revanche, on sera charmé par le tandem qu’il forme avec Déborah François. Celle-ci est l’étincelle du film, faisant son charme et sa vitalité. Elle est accompagnée par une autre comédienne césarisée : la pétillante Bérénice Bejo que certains n’ont découvert que tardivement dans The Artist.

L’autre atout de Populaire est son histoire, plutôt originale – c’est le moins que l’on puisse dire – ainsi que son ton décalé et son rythme entraînant. C’est souvent drôle et cocasse, ça ne se prend pas trop au sérieux, c’est visuellement plutôt soigné sans être trop travaillé et, sur presque deux heures que dure le film, on ne s’ennuie jamais. On retiendra enfin cette sublime scène d’hôtel bicolore, tel l’hommage d’un néophyte à ses illustres ancêtres du panthéon cinématographique.

On ressort de la projection en ayant le sourire, satisfait d’avoir pris du plaisir devant une comédie hexagonale qui regarde davantage du côté de Klapisch que de celui de Dany Boon (et c’est tant mieux !). Ne boudez donc pas le votre (de plaisir) et allez dès mercredi en salles pour découvrir cet agréable divertissement léger et plutôt soigné.  

 POPULAIRE ●●/●●●
nov
8

[critique] NOUS YORK

G. NAKACHE & HERVE MIMRAN | FRANCE | 98 MIN | 7 NOVEMBRE 2012 | GERALDINE NAKACHE, MANU PAYET, LEILA BEKHTI

Michaël, Nabil et Sylvain, trois trentenaires de Nanterre, débarquent à New York par surprise à l’occasion de l’anniversaire de Samia, leur amie d’enfance. C’est Gabrielle, elle aussi une amie de toujours qui a tout organisé. Les deux copines ont quitté leur cité depuis deux ans pour tenter leurs chances aux États-Unis. Samia est l’assistante personnelle d’une célèbre comédienne avec qui elle partage un sublime appartement. Gabrielle, quant à elle, travaille dans une maison de retraite où elle a lié une relation tendre avec Mme Hazan, une Française placée ici par ses enfants.

Après le succès public et critique de Tout ce qui brille qui avait consacré Leila Bekhti avec le César de meilleur espoir féminin, Géraldine Nakache fait son retour derrière la caméra (tout en restant présente devant) avec une nouvelle comédie sur l’amitié et la jeunesse désenchantée. Fausse suite de son précédent métrage, Nous York se laisse suivre assez agréablement malgré un propos et un traitement pas spécialement novateurs. Le scénario est plutôt léger – au sens propre comme au figuré – malgré quelques incartades dramatiques. La mise en scène est plutôt soignée, propre mais lisse, ne permettant jamais vraiment au film de s’envoler. Dans Nous York, il ne faudra donc pas chercher du côté de la poésie ou de l’émotion mais plutôt de l’humour. La plume d’Isabelle Querrioux n’est pas déplaisante même si on sent une certaine paresse et que celle-ci se repose essentiellement sur le jeu de ses acteurs et leur potentiel comique : il faut dire qu’avec Manu Payet et Baptiste Lecaplain on est plutôt bien servis. N’oublions également pas les sarcasmes de Géraldine Nakache – qui s’est gardé le rôle le plus approfondi, si je puis dire – ou encore les vacheries de la sympathique Marthe Villalonga. Si vous ajoutez à cela le charme inévitable de Leila Bekhti – dont la présence à l’écran est plus réduite que les autres – vous obtenez un cocktail rafraîchissant.

Que dire donc de Nous York ? Le voyage est sympathique, les touristes ne sont pas désagréables et quand arrive le moment du départ on se prend à chantonner le célèbre tube de Telephone – ou celui de Frank Sinatra selon vos goûts – avec l’envie de croquer dans la grande pomme. Une comédie amusante sans être mémorable. L’indulgence est de mise mais il faudra approfondir davantage la prochaine fois.

 NOUS YORK ●/●●

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nov
1

[critique] LA CHASSE

THOMAS VINTERBERG | DANEMARK | 111 MIN | 14 NOVEMBRE 2012 | MADS MIKKELSEN, THOMAS BO LARSEN, ANNIKA WEDDERKOPP

Après un divorce difficile, Lucas, quarante ans, a trouvé une nouvelle petite amie, un nouveau travail et il s’applique à reconstruire sa relation avec Marcus, son fils adolescent. Mais quelque chose tourne mal. Presque rien. Une remarque en passant. Un mensonge fortuit. Et alors que la neige commence à tomber et que les lumières de Noël s’illuminent, le mensonge se répand comme un virus invisible. La stupeur et la méfiance se propagent et la petite communauté plonge dans l’hystérie collective, obligeant Lucas à se battre pour sauver sa vie et sa dignité.

Pour son septième film, l’ami de Lars Von Trier s’intéresse à un sujet fort (la présomption d’innocence dans un cas d’abus sexuel) et livre un long-métrage d’une incroyable maîtrise en forme de miroir de son Festen qui l’avait consacré en 1998. Pourtant accueilli de façon mitigée par la critique de Cannes, La chasse est un quasi sans-faute mené de main de maître par le cinéaste Thomas Vinterberg et bénéficiant d’une interprétation en tous points remarquables du grand Mads Mikkelsen – reparti du Festival avec un prix d’interprétation amplement mérité. L’histoire de cet homme entraîné dans l’engrenage de la suspicion et rejeté par sa communauté après les soupçons d’abus sexuels qu’il aurait provoqué (mais qui ne sont que le fruit de l’imagination d’une enfant et de la maladresse d’adultes aveuglés par le choc et la peur) sonne terriblement juste. Aucune fausse note dans le traitement de ce sujet difficile qui ne tombe jamais dans le sensationnalisme ou le manichéisme. Une réussite sur le fond ET la forme avec une mise en scène soignée, subtile et habile, soulignée par une photographie délicate et une partition musicale discrète et appropriée.

La chasse sort sur les écrans mi-novembre et je vous le recommande très chaudement. Il s’agit certainement du meilleur film de cette fin d’année. 

 LA CHASSE ●●●●

²²     

oct
25

[actu] SKYFALL : TAPIS ROUGE

SAM MENDES | USA /UK | 143 MIN | 26 OCTOBRE 2012 | DANIEL CRAIG, JAVIER BARDEM, JUDI DENCH, RALPH FIENNES

Lorsque la dernière mission de Bond tourne mal, plusieurs agents infiltrés se retrouvent exposés dans le monde entier. Le MI6 est attaqué, et M est obligée de relocaliser l’Agence. Ces événements ébranlent son autorité, et elle est remise en cause par Mallory, le nouveau président de l’ISC, le comité chargé du renseignement et de la sécurité. Le MI6 est à présent sous le coup d’une double menace, intérieure et extérieure. Il ne reste à M qu’un seul allié de confiance vers qui se tourner : Bond. Plus que jamais, 007 va devoir agir dans l’ombre. Avec l’aide d’Eve, un agent de terrain, il se lance sur la piste du mystérieux Silva, dont il doit identifier coûte que coûte l’objectif secret et mortel…

Demain soir sort sur les écrans le 23e volet des aventures de James Bond, SKYFALL. Le plus célèbre espion britannique du monde, inventé par Ian Flemming, fait en effet son retour après plusieurs années d’absence. Il revient sur son 31 avec l’un des plus grands réalisateurs du monde, Sam Mendes (American Beauty, Les Sentiers de la perdition, Les noces rebelles…). Pour la première fois, 007 s’offre donc un metteur en scène de génie, un artiste accompagné de son équipe de techniciens orfèvres. Que vaudra ce nouveau et très attendu volet ? Parviendra t’il à surpasser Casino Royale ? Réponse demain soir.

En attendant la critique, je vous laisse découvrir les photos de l’avant-première gala ayant eu lieu hier soir sur les Champs Elysées.

Merci de respecter les droits d’auteur en mentionnant leur origine pour une publication sur un autre site.

oct
20

[critique] LOOPER & RENCONTRE AVEC LE REALISATEUR RIAN JOHNSON

RIAN JOHNSON | USA | 110 MIN | 31 OCTOBRE 2012 | JOSEPH GORDON-LEVITT, BRUCE WILLIS, EMILY BLUNT

Dans un futur proche, la Mafia a mis au point un système infaillible pour faire disparaître tous les témoins gênants. Elle expédie ses victimes dans le passé, à notre époque, où des tueurs d’un genre nouveau (les « Loopers ») les éliminent. Un jour, l’un d’entre eux, Joe, découvre que la victime qu’il doit exécuter n’est autre que… lui-même, avec 30 ans de plus. La machine si bien huilée déraille…

On va encore me reprocher de ne rien aimer. Ce Looper, réalisé par Rian Johnson et découvert à l’occasion d’une projection privée pour les blogueurs en présence du réalisateur américain, était précédé d’une très élogieuse réputation sur la blogosphère. Mon attente n’était pas spécialement élevée : j’attendais simplement d’être diverti et surpris. Après un Brick un peu abscons mais pas inintéressant cinématographiquement, Rian Johnson retrouve son ami Joseph Gordon-Levitt pour lequel il a écrit le rôle principal de Joe, un looper (loop = boucle) qui se charge d’exécuter les victimes que la mafia lui envoie du futur. Un beau jour – enfin, « beau » est une façon de parler dans ce monde où la misère et la corruption sont reines – on lui expédie un homme qui n’est autre que son futur-lui (incarné par Bruce Willis).

Le pitch est plutôt sympathique et le traitement ne manque pas de bonnes idées, particulièrement en terme de réalisation. On sent que le cinéaste a réfléchi à ses plans et à sa mise en scène en amont, ce qui rend plusieurs séquences assez plaisantes pour le spectateur (malgré des influences et inspirations évidentes). Malheureusement, l’ensemble du film souffre d’un sentiment plutôt désagréable de film foutraque. Mi-western, mi-film noir, Looper est un peu une série B fourre-tout qui se veut humble tout en ayant de trop grosses ambitions. Le cinéaste américain nous a parlé de son envie de faire un film résolument pop où viendraient s’insérer des passages plus romantiques et d’autres plus énergiques. Cela se ressent mais le résultat n’est pas spécialement agréable.

Les personnages ne sont d’ailleurs pas du tout sympathiques et les acteurs jouent tous de façon très maniérée à l’exception d’Emily Blunt. Joseph Gordon-Levitt est affreusement grimé et passe la majeure partie de son temps à essayer de faire du Willis. Quant à ce dernier, il ne recule devant rien : pourquoi n’irais-je pas assassiner des petits gamins sans réfléchir à la légitimité et à la cohérence de mon plan ? A l’image du plan de Joe+30, le film ne tient pas vraiment debout. Les règles du voyage dans le temps sont habilement bottées en touche – même le réalisateur s’en défend très sincèrement, l’impression demeure – et l’univers peu captivant ainsi que le style entre rétro-western et cheap-SF ont beaucoup de mal à fasciner de mon point de vue.

Looper serait un peu un fantasme de geek qui aurait trop passé trop de temps devant L’armée des douze singes, Heroes voire Lost, un plaisir Grindhouse que le cinéaste partagerait avec ses fans geeks. Mais au final, l’alchimie ne fonctionne pas forcément pour tout le monde, la faute à plusieurs défauts évidents (incohérences, écriture des personnages, psychologie, décors cheaps, maquillage de JGL). A vous de voir si vous souhaitez fermer les yeux dessus.

 LOOPER ●

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Résumé de la rencontre avec le réalisateur Rian Johnson : 

Même si son film m’a paru très peu sympathique et assez maniéré, l’impression que m’a laissé le cinéaste américain a été paradoxalement très positive. Disponible, ouvert, intelligent, sympathique, bienveillant, humble, Rian Johnson nous a parlé de son film, du processus de création, de sa relation avec Joseph Gordon-Levitt, du choix de Bruce Willis et encore bien d’autres choses. Morceaux choisis.

  • L’idée du filmLooper trotte dans l’esprit de Rian depuis presque dix ans. Sur le tournage de Brick, en 2006, le réalisateur avait déjà évoqué ce projet avec Joseph Gordon-Levitt pour qui il a finalement écrit le rôle de Joe.

  • Le choix d’un acteur plus jeune pour incarner Joe dans le « présent ». Rian nous explique qu’outre le fait qu’il avait écrit le rôle du jeune Joe pour JGL, il est assez réticent concernant les effets spéciaux numériques qu’il ne trouve pas encore assez performants. De plus, ses effets là sont très coûteux et le budget du film ne dépassait pas les 30 M$.

  • La présence de Bruce Willis. Fantasmé au moment du casting, le choix de Bruce Willis paraissait idéal pour Rian Johnson. Jouant sa chance, il envoya le script au célèbre comédien qui ne mis pas longtemps à accepter et à s’impliquer sans condition. Sa présence au casting allait permettre au film de mieux se vendre au marché du film. En effet, l’association Willis+SF plaît beaucoup aux investisseurs qui ne sont plus trop regardants sur le scénario dès lors qu’un acteur bankable saura attirer les spectateurs en salles.

  • Le manque d’explicitations du monde imaginé et du voyage dans le temps. Rian Johnson nous a fait part de sa volonté de ne pas être trop didactique. Il préférait immerger le spectateur dans ce monde et éviter de débattre trop longtemps sur les voyages dans le temps – qui relèvent à ses yeux davantage du fantasme que du domaine scientifique. Son souhait était de nous faire vivre l’histoire à travers les yeux des personnages sans chercher à nous convaincre de la viabilité de sa réflexion.

  • Ses influences. Le cinéaste évoquera de nombreux films l’ayant inspiré pour Looper mais s’il ne fallait en retenir que deux, ce serait : le chef d’œuvre La Jetée de Chris Marker et Akira de Katsuhiro Otomo envers qui il ressent une énorme dette,

Le bleu du miroir

Critiques détaillées et/ou avis express sur les derniers films vus en salles, avant-premières ou rattrapages DVD.

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